Chaque année en France, près de 187 000 femmes sont diagnostiquées d’un cancer.
Le cancer du sein reste le plus fréquent avec environ 61 000 nouveaux cas par an, et une femme sur huit y sera confrontée au cours de sa vie.
Grâce aux progrès thérapeutiques, la survie s’améliore et de plus en plus de femmes vivent de nombreuses années après un cancer. Mais derrière cette avancée se cache une réalité encore trop peu prise en compte : les conséquences intimes, pelviennes et sexuelles des traitements.
Des troubles intimes extrêmement fréquents
Les études montrent que jusqu’à 70 à 100 % des femmes ayant traversé un cancer présentent des troubles de la sexualité pendant ou après les traitements.
Les patientes peuvent notamment présenter :
- sécheresse vaginale et atrophie vulvo-vaginale
- douleurs vulvo-vaginales ou pelviennes (dyspareunies)
- douleurs anales ou troubles digestifs
- incontinence urinaire ou anale
- troubles du désir, de l’excitation ou de l’orgasme
- ménopause induite par les traitements
Ces symptômes sont souvent liés aux effets secondaires des traitements oncologiques : chirurgie pelvienne, radiothérapie, chimiothérapie ou hormonothérapie.
Une sexualité à réinventer avec un nouveau corps
Au-delà des symptômes physiques, les traitements transforment profondément le rapport au corps et à l’intimité.
Cicatrices, mastectomie, stomie digestive ou urinaire, fatigue chronique, prise ou perte de poids…
Ces changements peuvent bouleverser :
- l’image corporelle
- la confiance en soi
- la relation à la sexualité
- l’intimité dans le couple
Les patientes doivent souvent réinventer leur sexualité et leur rapport à leur corps, dans un contexte émotionnel et médical complexe.
Un sujet encore trop peu abordé dans les consultations
Malgré leur fréquence, ces difficultés restent largement sous-diagnostiquées et sous-prises en charge.
Beaucoup de soignant·es :
- n’osent pas aborder ces sujets sensibles
- manquent de repères cliniques
- ou ne savent pas quelles solutions concrètes proposer
Résultat : de nombreuses femmes restent seules avec leurs symptômes et leurs questions.
Se former pour mieux accompagner les patientes
Se former aux impacts intimes des parcours oncologiques permet de :
- repérer les troubles pelviens et sexuels liés au cancer
- proposer des stratégies thérapeutiques concrètes
- ouvrir un espace de parole sécurisant et bienveillant
- individualiser la prise en charge
- redonner aux patientes des clés pour se réapproprier leur corps
Parce que la qualité de vie, l’intimité et la sexualité font pleinement partie de la santé globale des femmes après un cancer.